24h chrono

Publié le par greg'n night

Voilà qu’en moins de 24h, je suis déjà connu et reconnu dans mon nouveau quartier.

8h du mat’, une sonnerie s’anime. Moi, le matin, le monde pourrait s’écrouler que je ne réagirai même pas. Je passe en revue ce qui peut sonner :

Le lave vaiselle ou l’ordi débloque, la machine à laver s’excite ou c’est moi qui entend des voix ? Tout en revue sauf la sonnerie de la porte. Oui, à 8h du mat’, j’exclue toute visite. J’ai tord. Le concierge qui begaie est à la porte, sacré personnage celui-là. Bouge pas garçon, je vais te chercher mon coloc’ chinois. Ils s’expliquent, mon coloc règle l’affaire avant de repartir se coucher : fausse adresse.

Mais le concierge brule de curiosité. A la vue, d’un estranger, il s’enflamme, me questionne et suppose que je suis Italien. Décidément, on me les aura toutes faites… Suisse, Anglais, Italien, Allemand et même Américain (quelle drôle d’idée). Je tente tant bien que mal de rassembler le peu de ressource que j’ai à 8h du mat’ pour rectifier le tir : ich bin französisch.

Erreur, je viens d’amorçer le mécanisme de ma propre mort. Le bègue s’enflamme, part dans des montagnes de théorie hypothétiquement insolvables, un vrai délire du condamné. Moi, pas contrariant, je hoche la tête en acquiesant tout ce qu’il dit priant pour que sa sortie soit aussi rapide que ses explications théatrales… Il finit par se dégager de la porte et s'éloigner en continuant son monologue dans l'escalier. J'ai déjà fermé la porte...

En suite, les anciens, très nombreux, se sont extasiés à me saluer et voir que du sang neuf, qui plus est étranger, venir s’installer dans le voisinage. Le club de coutures se racontent des potins au soleil pendant que les gamins gueulent en panique générale « à l’étranger » comme si le truand le plus mal famé revenait en ville. Je ne fais que traverser la résidence.

Bref, dans l’après-midi, j’achète à boire dans la superette de fortune de la dite résidence. La caissière me dit où j’habite, m’annonce combien je paye en me demandant confirmation et si l’appart en vaut vraiment la peine. Là, je retrouve mon bègue du matin et la commère, copine de la caissière. Bref, le gratin. Epanouie par tant d’infos en si peu de temps, elle m’annonce qu’on est copains.

Au final, en 24h le beau monde du quartier connaît mon numéro de porte, le montant de mon loyer, l’identité de mon coloc, ma nationalité, mon université et bien d’autres. En chine, la discrétion, le secret professionnel?  Quézako?

Publié dans Actus

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article